En fait si. Tu veux la vérité, mais qu’à la fin jte dise mais non, jrigolais.
J’avais pas besoin.
C'est pas moi. C'est l'ennui.
Cette nuit le côté sombre épais
À l’arrière de ma tête a glissé
Le long du lit de la révère
Le long de mon cou,
le long de ta chère
M’avalant trempée à vif vers les affres folles ailées
Des villages blancs de boueuse craie.
Parées de nacres sales
les vieilles musiciennes édentées dégainent
à tout vent un mélodrame
Une oraison lourde et noire
d’un temps qui semblait révolu
Le côté sombre qui ne dit mot
d’un côté suc qu’on sent immonde.
Faudrait pas oublier ses vitamines.
Hier soir j’ai toussé quelqu’un et il m’est sorti par les yeux.
Je n’ai pas été surprise ni effrayée, en tout cas plus maintenant. C’est quelqu’un que j’connaissais d’avant mais comme on ne s’entendait pas très bien, j’avais décidé de le laisser en retrait. Depuis peu, il se frayait un chemin perpendiculaire à celui qui va tout droit, poussant les autres pour les faire plier car ils sont bien élevés mais ont parfois tendance à se laisser marcher sur les pieds. Comme j'étais occupée à regarder ailleurs, il a continué à bousculer le monde en place passif avec des mouvements brusques jusqu'à ce que le téléphone sonne et que je dise que j'étais trop loin.
Ensuite j'ai eu mal au ventre, puis au dos, à la tête, j’ai eu des boutons, puis la semaine dernière j’ai eu l’impression que ma peau était recouverte de toiles d’araignées qui voulaient entrer dans mon nez. Au fur et à mesure que je me grattais, je faisais des rêves avec des immeubles en feu et des choses qui frappaient mon nombril. Ca n’était pas très agréable alors j’ai commencé à éternuer mais pas sur tout le monde.
J’ai éternué dans mon travail, dans ma rue, dans ma salle de bain et une fois sur ma demande de résidence permanente.
Et à chaque secousse, quelqu’un se rapprochait dans ma tête sans que je fasse quoi que ce soit pour arrêter d'y penser parce que pour tous les autres, c’était tellement impossible que ça existait plus, un peu comme si la guerre se déclarait maintenant, pendant qu’on était assis, comme ça. Moi j’saurais pas quoi faire si ça arrivait, mais des fois j'aimerais bien que ça arrive.
Du coup j’ai tapé un nom dans Google image.
À la première lettre, j’ai eu l’impression que l'intérieur de mon corps était devenu minuscule dans l'emballage et que mon cœur s'était fait pousser des pieds pour bondir dans mes oreilles. J’ai regardé mon téléphone pour appeler n’importe quoi qui pourrait me changer les idées puis j'ai préféré l'éteindre parce que c'est quelque chose que je devais faire toute seule. Quand j’ai eu terminé de taper le nom au complet, j’me suis dit que c’était bien parce que c'était tellement un flou souvenir que ça devait pas vraiment exister… alors quand la page des images s’est chargée j’ai fermé les yeux.
Quand je les ai ouverts, j'ai pas pleuré parce que jme suis dit qu'on avait pratiquement le même age du coup c'était pas si catastrophique.
Après j'ai vu la date de naissance.
Tu sors
Tu sors sans rien toucher sans rien sentir respirer souvenir regarder pourrir et crever
tu sors le nez bouché
Tu sors aveugle sans étriers, sans muselière ni fer à ton sabot
Tu sors fusillé
Sans rien plus voir
Sans te retourner, sans rien hocher quoi que ce soit de VRAI
Tu sors en silence
Tu sors sur la suinte des pieds Tu sors le noir venu
derrière la truie tombée
Tu sors au son du tambour, tu sors comme on reviendra jamais
Tumeur.
Tumeur pas sur ma chair, tumeur pas dans mes cheveux non plus,
Tumeur pue de la gueule
Un jour que je m'en souviendrai plus
Tumeur dans ton sang, tes yeux, ta Bouche
Tumeur en pleine sale face à face de paix
Tumeur comme un vent mauvais.
du fond du corridor Tu sors comme t’es venu
tumeur pas rapport
Tu sors sans levée de fonds, tumeur de fond de trou
Tu sors comme prévu,
Pissant sul décor Tu sors
Sans générique de fin.
"- Et ben c'est pas trop tôt où vous étiez passée ?
- Ben rien.
- Comment ça « bien rien » ? Vous vous fichez de moi ? Ça fait combien de temps que vous vous êtes pas pointée ici ?
- Je sais mais en fait je viens vous dire que je ne reviendrai plus jamais voilà.
- Ah! Et qu'est ce qui vous fait dire une énormité pareille ? Vous avez vu vos cheveux ?
- En fait je pense que vous vous foutez de moi depuis le début. Vous m'avez enlisée dans un mensonge que je n'ai jamais vu venir mais cette fois ci c'en est trop, j'ai vu clair dans votre petit manège et je viens vous dire que c'est terminé car je sais exactement ce qui m'est arrivé et c'est en partie à cause de vous, espèce de manipulateur !
- Et qu'est ce que c'est que ça dans votre sac, d'abord ?
- Cela ne vous regarde pas.
- Alors pourquoi est ce que vous venez de me le poser sur les genoux ?!
- Parce que.
- Écoutez Scamble, on va pas y passer la nuit. Crachez votre morceau et ensuite je vous fais faire un nouveau traitement parce que pardonnez moi mais je pense que je vais vous en coller une avant que vous n'ayez terminé de me retourner le cabinet, si vous me pardonnez l'expression.
- C'est un kimono.
- Bon dieu de merde et qu'est ce que vous fichez avec ça ?
- C'est là où je voulais en venir. Depuis tout ce temps qu'on se voit et que vous me serinez avec vos concepts débiles, et bien j'ai découvert toute seule la solution. Parfaitement. Et tout ça pendant que j'ai pris vacances de votre sale bureau.
- Très bien, et qu'est ce que c'est je vous prie ?
- Je suis japonaise.
- QUOI ?!
- Je suis japonaise ! Vous êtes sourd ?!
- Vous voulez une gifle ?
- Tiens c'est tout à fait vous ça de vouloir employer la violence au lieu d'admettre que vous vous êtes foutu le doigt dans l'œil !
- Mais taisez vous nom de dieu ! Qu'est ce que c'est que cette histoire à dormir debout ?! Depuis quand est ce que vous seriez japonaise et d'abord qu'est ce que vous pouvez bien connaître au Japon ? Vous vous êtes regardée ?!
- Et bien premièrement, je vous signale que si vous, vous m'aviez regardée, vous vous seriez aperçu que je suis très typée et que j'ai une démarche de japonaise. Regardez.
- Non mais ça va pas bien ! Vous allez me faire croire que vous marchez comme ça depuis toujours peut-être ? J'aimerais bien vous voir monter les escaliers, tiens ! Et depuis quand les japonais marchent en crabe on peut savoir ?
- Ce n'est pas du crabe abruti ! C'est la démarche des geishas, et ce depuis la nuit des temps.
- Vous m'en faites une belle de geisha ! Mais bordel où est ce que vous allez chercher des conneries pareilles ?!
- Ecoutez. Si vous êtes trop obtus pour vous rendre à l'évidence, c'est pas mon problème. Je viens de vous apporter sur un plateau les années d'erreur de diagnostic que vous avez fait et je vous jure que je suis à deux doigts de vous traîner en justice, assassin !
- Ma pauvre vous êtes pathétique. Et arrêtez de marcher comme ça vous me donnez la nausée ! Allez vous asseoir bon sang !
- Docteur, si vous ne baissez pas d'un ton je vais me trouver dans l'obligation de vous faire une prise d'art martial sur-le-champ.
- Voyez vous ça ! Et bien je vous en prie, faites donc Madame la geisha de mes deux !
- Très bien, vous l'aurez voulu :
,
- Aïe ! Mais qu'est ce que c'est que ça ?!
- Un mounch.
- Un mounch ????! Mais bordel vous venez de m'enfoncer votre stylo dans l'oeil ?!! Scamble je crois que définitivement vous êtes complètement frappée. J'appelle la clinique.
- Et ben c'est ça, appelez là votre clinique , ils vont tous se foutre de vous et vous aurez l'air encore plus con que d'habitude.
- « Allo ? Oui bonjour ici le docteur Xaong et j'ai très mal »
- Ce type est barge.
- Taisez vous vous au lieu de marmonner ! Allez donc me chercher de la glace et asseyez vous sur ce divan nom de dieu ! « Oui pardon Madame, voilà : je viens de me faire agresser par une personne de couleur et je crains qu'elle ne m'ait transmis quelque maladie... »
- Écoutez Docteur je ne vois pas du tout ce que je pourrais bien encore avoir à faire ici alors que vous vous ridiculisez de plus en plus et qu'en plus ...COMMENT ÇA UNE PERSONNE DE COULEUR ?!
- « Oui parfaitement, infirmière...oui. Très bien alors je vous attends. Merci bien ça va aller ». Qu'est ce que ça peut bien vous faire les différences raciales vous là bas ?! Vous êtes raciste ou quoi ?
- Je perds mon temps. Je perds mon temps et vous êtes un idiot. Rendez moi mon sac de sport immédiatement.
- Comptez là dessus Scamble ! Malheureusement il va falloir vous bouger le cul et venir le chercher vous même et puis alors bon courage parce que j'ai décidé de le porter à vie votre saleté de kimono.
- Ordure
- Imposteure !
- Je vous aime.
- ….QUOI ?!!!!
- Je vous aime. Gardez le Kimono. Adieu.
- VOUS ÊTES UNE POULE MOUILLÉE SANS NOM Scamble! Vous êtes en train de me faire croire que vous m'aimez UNIQUEMENT pour ne pas avoir à vous confronter !!!! Quel toupet !
- Docteur la clinique va arriver, il est encore temps d'être raisonnable. Rendez moi ce sac de sport et tout se passera bien. Vous avez vu votre œil ? Il a perdu tout son blanc. Ça n'est pas très joli à voir, regardez vous !
- J'espère que vous n'avez pas le sida au moins !
- MAIS PUISQUE JE VOUS DIT QUE JE NE SUIS PAS NOIRE !!!!
- Non mais oh! Sale raciste ! Depuis quand les noirs ont le sida on peut savoir ? Mon petit il va falloir sérieusement à songer à réviser vos races !
- C'est vous qui me traitez de raciste, espèce de Nazi ?! On ne dit pas RACE ! On dit origine et j'en ai définitivement trop entendu dans cet endroit innommable. Adieu et j'espère que votre oeil tombera dès ce soir ! "
Je sortais en lui arrachant le sac de sport et ne remis plus jamais les pieds dans cette boulangerie.